Au fond du couloir

Au fond du couloir
J'entends ta voix
Douce et claire
Comme la rivière
Qui polit la roche

D'un murmure ondoyant
Elle peut s'amplifier
Gagner l'onde
Et recouvrir la lande

Au fond du couloir
Il y a toi
Et à l'autre bout
C'est nous

Chacun prend ses bottes et son ciré
Prêt à partir sur le canot gonflé

Ton regard noir nous scrutant à l'horizon
Montre que nous allons avoir bien du mal
A ramer sur cette eau dorénavant gelée



Paul Philbée - 06/2019


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Simplifier

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Montgolfière au dessus de la chaine des Puys – Le Puy-de-Dôme – Auvergne – France Photo P. Philbée

Simplifier simplifier
Faut simplifier

Simplifier l’amour
Et les pensées

Faut simplifier
Après on s’y perd
Quand c’est compliqué Continuer à lire … « Simplifier »

Lendemain d’élections

L’attente sous la pluie – École de Saint-Saturnin (63) – Photo Paul Philbée

Derrière sa grille
Le chien de l’affiche
Se relève et s’étire

Il se gratte l’oreille
Et d’un pas trainant
S’en retourne à la niche

Du fond du chenil
Ses copains le regardent

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Le chien dans le désert

Vivien – © P. Philbée

Ça fait trois jours que tu es partie
Je t’ai cherchée au début
J’ai demandé s’ils ne t’avaient pas vue
S’ils n’avaient rien vu
La réponse fut négative

Jean eut un léger sourire qui me mit mal à l’aise
Je l’ai regardé pour tenter de comprendre
Savoir si tu lui avais dit quelque chose
Il eut l’air gêné mais il se tut

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Ton Number One

Denis – 09/2016 – Photo P. Philbée

Il est là, assis à la table, dans un coin au fond de la salle. Un verre de bière à la main. Il attend et regarde la mousse naviguer suivant le vent.
Il souffle un peu pour la faire coller aux rebords du verre.
Ses yeux ne fixent rien. Ni le verre, qu’il fait légèrement tourner de la main, ni le barman.
Ses lèvres bougent. Personne ne l’entend. Le brouhaha de la salle couvre sa voix. De sa main gauche il tient le verre, du bras droit il fait des gestes, comme pour accompagner ses paroles. Il semble vouloir convaincre quelqu’un. Il parle dans le vide. Peut être à lui-même . Son regard tombe dans le verre. Il n’y arrive pas. Ses yeux remontent pour ne pas se noyer.
Il se tait. Il regarde. Il me regarde.
Non, il me voit pas, ses yeux sont vides.
Je commande un autre café.

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