Suis-moi

Philbee puy de dome.jpeg
Montgolfière au dessus de la chaine des Puys – Auvergne – France – Photo P. Philbée prise du sommet du Puy-de-Dôme

Suis-moi si tu veux

Ou reste-là si tu as froid
Si ton cœur n’a plus l’allant d’autrefois

J’ai besoin de marcher
Avancer les pas sans trop y penser

Alors suis-moi
Surveille ma conduite mes écarts et pas chassés

Je ne peux pas rester
Mon poumon étouffe confiné

Il faut que je sorte
J’ai trop peur de m’enliser

Viens-avec moi

Non tu ne veux pas ?

Tu en as assez
De venir me chercher
A la nuit tombante
En contrebas dans le fossé

Je dois y aller
Agir autrement je n’ose y penser

Tu pourrais m’y laisser
Ne pas me rattraper

Me laisser dormir
Me recouvrir de jonquilles
Et d’herbe fraiche arrachée
De ta rage de m’avoir encore vu sombrer

Odeur de la terre et du sang

J’ouvrirais les yeux
Redresserais la tête
M’appuierais sur les coudes

Je verrais tes larmes couler
Longuement sans dicontinuer
De tes yeux à ta bouche
De tes joues à ton cou

Je t’écouterais pleurer
Tes yeux fermés
Ta mâchoire crispée

Avant que tu ne te retournes
Pour peut-être définitivement me laisser
Dans un petit sourire je te dirais
Hé ! Tu viens me chercher ?
Donne-moi la main pour m’aider à me relever

J’ai un peu froid
Il ne faudrait pas tarder à rentrer

Alors suis-moi
Suis-moi encore

Tu veux ?

Paul Philbée – 04/2019

15 réflexions sur “Suis-moi

  1. J’ai failli dire « rimbaldien » en lisant cette poésie, tant ces airs de fuite en avant et tellement tous ces sentiments qui ne tiennent pas en place, avec leurs airs d’errance, m’ont parus inhérents à la fougue poétique de l’homme aux semelles de vent.
    Mais, je crois qu’il faudrait inventer un qualificatif, Paul, pour définir cette poésie et je dirais : philbéenne !
    Oui, résonance littéralement moderne c’est autre chose que rimbaldien, c’est philbéen !

    J’en redemande.

    Aimé par 3 personnes

  2. Très joli. Cette idée de devoir malgré aller dehors me fait penser à un livre où le « héro » devait de plus en plus souvent et de plus en plus fuir son quotidien, et donc sa famille, pour suivre une quête vide, qui ne l’emmènera nulle part ailleurs que vers sa propre mort… et le désespoir, puis la renaissance de sa famille…
    Un jour j’irai glisser au fil du temps accroché sous une grosse bulle de chewing-gum rose !

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.