Redif : L’attente

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Par delà la fenêtre – © P. Philbée

Tu m’as dit que tu viendrais aujourd’hui.
Je t’ai attendu.

Nous devions déjeuner, puis nous promener ensemble, sur les bords de la Seine.
Regarder les bateaux mouche. Croiser cet homme qui promène son chien, des gens plus ou moins pressés.
J’imaginais déjà cette promenade à tes côtés, cherchant à effleurer ta main, lorsque nos mouvements nous auraient rapprochés.
J’aurais tenté ma chance, penché ma tête de ton côté, senti le contact de ton épaule.
Nous nous serions arrêtés.
Tes paroles, je ne les aurais plus entendues.
Je n’aurais écouté que les battements de ton cœur.
Je me serais rapprochée de toi.
Le mien c’est sûr, tu l’aurais senti, tu l’aurais entendu frapper à ta porte pour que tu m’ouvres le tien.

Serre-moi.
Embrasse-moi.
Une vie pour ce moment.
Pour notre amour naissant.
Une vie.
Peu importe les jours ou les nuits.
Un moment, un seul, tout contre toi.

– Qu’est ce que tu lis ?
– Oh, rien… une histoire d’amour un peu simpliste. La seine, les bateaux mouche, l’hiver, le froid, un cœur qui bat au travers d’une écharpe…
– Laisse tomber ton histoire et viens t’asseoir à coté de moi.

Il m’avait dit qu’il viendrait aujourd’hui.
Il est tard, il ne viendra plus.
Je l’ai attendu hier.
Peut être un contretemps, demain il viendra, j’en suis sûre.

Assise sur sa petite chaise, elle leva les yeux en direction du canapé.
Elle lui dit : « Tu veux aller au ciné ou te promener ?
J’ai besoin de sortir, de respirer, de me changer les idées. »
Puis elle ajouta : « Tu m’aimes ?  Tu m’aimes comment ?  Simplement ? »

Elle posa le livre et ferma les yeux.

« Demain il viendra, j’en suis sûre. »

 

Paul Philbée – 02/2018

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Auteur : Paul Philbée

Vous trouverez des textes que j'écris au fil de l'eau. Je leur associe mes photos. Ce n'est pas ma vie, n'allez pas imaginer cela ! C'est un amalgame tiré de mes pensées à un moment donné.

14 réflexions sur « Redif : L’attente »

  1. Lors de sa 1ère parution, j’avais eu en tête un bon vieux film façon Truffaud et cette fois-ci, après une vision sous un autre angle, c’est la grande Marguerite Duras qui est convoquée !

    C’est sûrement l’évocation de ces moments suspendus, à la fois glaçants et brûlants, avec cette atmosphère inquiète, intense et aiguë, parfaitement restituée, qui me fait penser cela, Paul.

    Amical salut

    Aimé par 1 personne

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