Souvenirs d’avant qu’ils ne s’effacent I – juil./ sept. 2000

img_0863_2-01-1427033915.jpeg
Alain DAURAT – Vierge du Puy-en-Velay (Haute-Loire) – © P. Philbée

J’aurais aimé que tu reviennes.
Que l’on parle à nouveau ensemble comme nous le faisions le matin.
Je venais d’arriver.
Tu m’as hébergé dans tes vingt mètres carrés.
Le matin nous partions ensemble.
Je te déposais, puis je continuais seul.
Le midi, le soir, je revenais comme un lien qui se distend à la demi-journée et se rétracte pour te rejoindre. Accroché à cet élastique, j’avais plaisir à retrouver l’ambiance des étudiants qui cherchent et discutent sans compter.
Ma journée était rythmée par le travail d’un côté et de l’autre, toucher encore un peu du doigt l’insouciance de l’université.
Nous discutions comme si nous nous étions toujours connus. Tu as dit, « c’est curieux j’ai l’impression qu’on pense aux mêmes choses, comme si on avait déjà vécu cette situation. »
J’avais cette impression de transparence l’un envers l’autre.
Un mois s’est écoulé.
Le week-end tu rentrais et elle me rejoignait.
Ton lit était bien petit pour deux, mais à cette époque, les week-end étaient faits pour nous retrouver, elle et moi.
Le dimanche elle repartait, et le lendemain tu revenais. Je retrouvais mon lit de camp au pied de ton lit.
Dans les couloirs de la résidence, les gens nous regardaient d’un air un peu surpris.
Comment est-ce possible de mener un vie pareille ?
Tes vacances arrivées, je restais seul, à profiter de ton studio et de ton lit.
En septembre, tu revenais et elle nous rejoignit. Elle avait trouvé une grande maison pour y vivre tous les trois.
A la fin de ton préavis, nous revenions dans ton studio, le temps du déménagement. Tes voisins t’avaient cru parti. Peut-être pensaient-ils que nous nous étions quittés.
Pouvait-on accepter de vivre avec un homme la semaine et le voir main dans la main avec une femme, l’espace du week-end ?
Nous allions vivre elle, toi, et moi dans cette grande maison durant une année.
Nous étions heureux.

 

Paul Philbée – 04/2018
A la mémoire d’Alain DAURAT, décédé en juin 2010

Publicités

Auteur : Paul Philbée

Vous trouverez des textes que j'écris au fil de l'eau. Je leur associe mes photos. Ce n'est pas ma vie, n'allez pas imaginer cela ! C'est un amalgame tiré de mes pensées à un moment donné.

3 réflexions sur « Souvenirs d’avant qu’ils ne s’effacent I – juil./ sept. 2000 »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.